Huncke Blog

Bilingual Editions from Les Editions Derrière la Salle de Bains

New Orleans, 1938 — Herbert Huncke English/French edition.   Les premières lignes : « Je me souviens d’une nuit à la Nouvelle-Orléans sur St. Charles Street – à marcher. Il avait plu – les rues scintillaient – la nuit se reflétait dans les flaques d’eau. Les bruits de gouttes de pluie qui tombaient et éclaboussaient les feuilles de magnolias. Les rues étaient désertes – à peine une automobile qui passait. Je traversais une ruelle quand je jetai un coup d’œil et vis un homme s’approcher. Il faisait ma taille. Robuste et trapu, à la limite d’être gros – portait un pantalon noir et une chemise blanche dont les trois premiers boutons étaient ouverts – révélant une épaisse toison de poils noirs. Il avait le teint basané. Ses yeux étaient petits et marron foncé – ses cheveux noirs et gras, peignés en arrière. Ses mains étaient dans ses poches – une cigarette pendait du coin de sa bouche. En se penchant légèrement vers moi, il me demanda une allumette. »

New Orleans, 1938 — Herbert Huncke

English/French edition.  

Les premières lignes :

« Je me souviens d’une nuit à la Nouvelle-Orléans sur St. Charles Street – à marcher. Il avait plu – les rues scintillaient – la nuit se reflétait dans les flaques d’eau. Les bruits de gouttes de pluie qui tombaient et éclaboussaient les feuilles de magnolias. Les rues étaient désertes – à peine une automobile qui passait. Je traversais une ruelle quand je jetai un coup d’œil et vis un homme s’approcher. Il faisait ma taille. Robuste et trapu, à la limite d’être gros – portait un pantalon noir et une chemise blanche dont les trois premiers boutons étaient ouverts – révélant une épaisse toison de poils noirs. Il avait le teint basané. Ses yeux étaient petits et marron foncé – ses cheveux noirs et gras, peignés en arrière. Ses mains étaient dans ses poches – une cigarette pendait du coin de sa bouche. En se penchant légèrement vers moi, il me demanda une allumette. »

In Naked Lunch — William S. Burroughs Premières lignes : In Naked Lunch I wrote: “I am not an entertainer“. I was wrong. That was before I started giving public readings. As soon as anyone gets up in front of an audience to read his works, he becomes a performer and entertainer. I immediately discovered that only a very small percentage of my work is suitable for public readings, perhaps one percent. Dans Le festin nu j’ai écrit : « Je ne suis pas un amuseur ». J’avais tort. C’était avant que je ne commence les lectures publiques. Du moment où on se lève devant un auditoire pour lire ses écrits, on devient un homme de spectacle, un amuseur. Je me suis tout de suite rendu compte que seul un très faible pourcentage de mon travail est propice aux lectures publiques, peut-être un pour cent.  

In Naked Lunch — William S. Burroughs

Premières lignes :

In Naked Lunch I wrote: “I am not an entertainer“. I was wrong. That was before I started giving public readings. As soon as anyone gets up in front of an audience to read his works, he becomes a performer and entertainer. I immediately discovered that only a very small percentage of my work is suitable for public readings, perhaps one percent.

Dans Le festin nu j’ai écrit : « Je ne suis pas un amuseur ». J’avais tort. C’était avant que je ne commence les lectures publiques. Du moment où on se lève devant un auditoire pour lire ses écrits, on devient un homme de spectacle, un amuseur. Je me suis tout de suite rendu compte que seul un très faible pourcentage de mon travail est propice aux lectures publiques, peut-être un pour cent.